photo_espace_cultivableLe sida, maladie tout d’abord connu sous le nom de GRID (Gay-Related Immune Deficiency) dans les années 70 à cause du virus retrouvé par les docteurs nord américains sur leurs patients homosexuels. Ces diverses appellations s'avérèrent inappropriées dès que s'affirma l'universalité de la maladie pendant  l'été 1982 aux Etats Unies. Le sigle AIDS qui signifia d'abord Acquired Immune Deficiency Syndrome puis Acquired Immunodeficiency Syndrome est choisi et la France adopte le sigle SIDA (syndrome d'immunodéficience acquise ou syndromed'immunodépression acquise). En 1986 après plusieurs recherches, les scientifiques parviennent à découvrir l’agent causal du sida, un rétrovirus (HTLV-III) isolé et l’appelle HIV (Human Immunodeficiency Virus), que les Français transcrivent en VIH. Il existe plusieurs rétrovirus responsables du sida, chacun infectant une espèce particulière. Le plus connu d'entre eux est le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) infectant l'Homme, le VIS infectant les singes et le VIF pour les chats. Dès le début duXXIe siècle, le SIDA se transforme en une pandémie globale. De  1981 à 2006 environ 25 millions de morts dues aux maladies en rapport avec le sida, Le nombre de séropositifs est de 36,1 millions (ONUSIDA 2010). Les principales victimes sont actuellement les habitants des pays en voie de développement et représentent 95%. Les raisons sont multiples et varient d'un pays à l'autre : tourisme sexuel pour l'Asie du Sud-est, inoculations volontaires du virus, absence d'information de la population sur les facteurs de risque de transmission (notamment en Afrique noire), convictions religieuses interdisant l'utilisation des moyens de protection tels que le préservatif, refus de l'abstinence ou relations hors mariage, pratiques incestueuses, mariages forcés, manque de moyens ou de volonté pour faire de la prévention et informer les populations(principalement en Afrique et en Asie),. Il existe à ce jour trois modes de transmission du VIH qui ont chacun leurs particularités. La transmission par voie sexuelle qui est le principal; la transmission par voie sanguine qui concerne particulièrement les utilisateurs de drogues injectables, les hémophiles, les transfusées et les professionnelles de santé; la transmission de la mère à l'enfant : qui peut survenir in utéro  dans les dernières semaines de la grossesse, au moment de l’accouchement et de l’allaitement.   

C'est en Afrique que la pandémie connaît les taux de décès les plus élevés. Ce continent ne représente qu'un 1/10 de la population mondiale mais 9 nouveaux cas sur 10 d'infection par VIH y sont concentrés. 83% de tous les décès dus au SIDA sont en Afrique, où la maladie a tué dix fois plus d'êtres humains que la guerre. En 2002, 2,4 millions d'Africains sont morts du sida  selon l’ONU. On estime également que 10 millions de jeunes Africains âgés de 15-24 ans et environ 3 millions d'enfants de moins de 15 ans sont infectés par le virus du VIH. Certains pays d'Afrique comptent actuellement jusqu'à 25 % de leur population active séropositive au VIH. Dans les pays d’Afrique centrale, le SIDA est en train de devenir une menace plus grave dans les zones rurales que dans les villes. Dans l'absolu, il y a plus de ruraux que d'urbains infectés par le virus. L'épidémie se propage à un rythme alarmant jusque dans les villages les plus reculés, réduisant la production vivrière et menaçant la survie des communautés rurales.  Dans les 25 pays africains les plus touchés,le SIDA a provoqué la mort de 7 millions de travailleurs agricoles depuis 1985.Il pourrait en tuer 16 autres millions au cours des 20 prochaines années.En outre, le VIH/SIDA impose une plus lourde charge aux communautés rurales, car de nombreux résidents urbains et travailleurs migrants rentrent dans leur village d'origine lorsqu'ils tombent malades causant la diminution des emplois salariés, une baisse des revenues d’appoint et une réduction des envois de fonds.  En même temps, les ménages dépensent davantage pour payer les frais médicaux et les obsèques, et tandis que le nombre de membres de la famille productifs diminue, le nombre de personnes à charge augmente, entrainant un affaiblissement des réseaux d’entraide rurale, une perte des connaissances agricoles, une perte de l’épargne. Ces réalités entrainent des effets préjudiciables sur la productivité agricole à savoir la diminution des terres cultivés, la diminution des récoltes à forte intensité de main-d’œuvre, une récolte moins diversifiées,la diminution de l’élevage, mettant en péril la sécurité alimentaire des ménages aussi bien à court qu'à long terme. Les facteurs biologiques et sociaux rendent les femmes et les filles plus vulnérables au VIH/SIDA que les hommes et les garçons. Des études ont montré que les taux d'infection par VIH chez les jeunes femmes peuvent être 3 à 5 fois supérieurs. Les femmes et les filles ont,en outre, un surcroît de travail parce qu’elles s'occupent des malades et des mourants et sont normalement chargées de cultiver la nourriture car représentant plus de 75% de la population rural active. L'impact du SIDA sur les communautés agricoles varie d'un village à l'autre et d'un pays à l'autre.

Il est clair que l'épidémie a anéanti les progrès des 40 dernières années en matière de développement
agricole et rural. Malgré les moyens financiers, les larges campagnes diffusions d’informations et les mesures particulières de prévention l’agriculteur refuse d'admettre les faits, manque de moyens pour s’acheter les antirétroviraux pour  apparente la maladie  à un mythe. Si l’agriculteur africain manque de
matériel agricole, de terre fertile et maintenant perd 90% de sa main d’œuvre, ceci pose d'énormes problèmes aux gouvernements, aux organisations non gouvernementales et à la communauté internationale. La maladie n'est plus un simple problème de santé: c'est devenu un grand problème de développement.

Une synthèse des réflexions réalisées par : MOTTO ESSOME KUNTZ Legrand et Martial Gervais ODEN BELLA