2013_06_22_12

L’appareil conçu par Martial Bella permet aussi de produire du bioéthanol à des fins de combustible.
 
Hydrodistillateur, c’est le nom technique que porte la machine créée par Martial Bella. L’œuvre réalisée, il  y a un an, est née d’un constat fait par l’ingénieur dans les villages du Cameroun et de plusieurs pays africains. « Après une mission pour l'évaluation du concept de savons anti-moustiques à base d’huiles essentielles au Burkina Faso, j’ai constaté que la population utilisait l'huile essentielle de citronnelle comme insecticide, et  débourse beaucoup d’argent pour en avoir. Surtout que le savon en lui-même n’avait qu’un effet de 4 heures  d'activité», explique-t-il. Martial, décide donc, avec ses partenaires, de créer une crème à base d’huiles essentielles qui sera plus efficace. Et, pour le faire, il faut une machine pour les tests.
Le modèle de la machine est vite copié sur celle utilisée dans la fabrication  de l’Arki (une boisson artisanale) associé à des dispositifs de laboratoire. L’hydrodistillateur, est constitué d’une cuve d’extraction et de distillation, d’un panier d’extraction des plantes, d’un dispositif de refroidissement. Le processus d’extraction de l’huile essentielle,  est plutôt simple. « Il suffit de verser de l’eau dans le panier, puis d’y insérer les plantes. Ensuite, le four amélioré est activé. Après chauffage, le liquide se déverse dans le dispositif de refroidissement. Et vous obtenez les huiles essentielles. Pour  l'eau distillée et le bioéthanol, on élimine juste le panier d'extraction dans le dispositif de production. L’alcool à brûler  produit peut remplacer le pétrole dans les lampes et être utilisé comme biocarburant », précise le technicien.
Comme l’explique ce dernier, toutes les plantes (orange, citron, rose…) ont  des couches d’huiles qui ont des propriétés odorantes, thérapeutiques et cosmétiques. « Le médicament contre la toux est fabriqué à base de l’huile extraite de l’eucalyptus et beaucoup de personnes ne le savent pas », fait remarquer l’ingénieur. A l’en croire, un litre d'huile essentielle de citronnelles est vendu en Europe  à 2 millions de FCFA. Des gains importants qui ont encouragé le GIC Bellomar dont il est le promoteur à mettre en place un projet social qui va permettre aux chercheurs d’emplois d’acquérir la machine pour se lancer dans le secteur des huiles essentielles. Le GIC ( Groupe d’initiatives communes) annonce d’ailleurs une formation pratique la semaine prochaine. Le prix de la machine est fixé à 600 000 FCFA
 
Christelle Kouétcha du qoutidien de l'économie
 
 
 Martial Bella :  Un passionné de chimie
 
L’inventeur de l’hydrodistillateur a déjà mis en place une multitude de procédés chimiques.
 
Technicien de chimie industrielle de formation, Martial Bella, a su exploiter son talent et ses connaissances. Administrateur délégué, du Groupe d’initiative commune (GIC) Bellomar, ce trentenaire, a déjà mis en place une panoplie de procédés chimiques, qui lui ont permis de développer des savons, détergents, javel, gel de douche, made in Cameroon. Ces détergents sont commercialisés sous la marque « Le Samouraï ». Des produits qui font la fierté de cet entrepreneur qui est passionné de chimie depuis son adolescence. Le prix des détergents « Le Samouraï », varie entre 500 FCFA et 1000 FCFA.
Dans ses bureaux situés à Akwa, au lieu dit Centenaire, Martial Bella travaille en équipe avec plusieurs étudiants des universités, qui sont tous comme lui engagés dans le secteur de l’environnement, du recyclage.  Ici, Martial et ses collaborateurs sont convaincus d’une chose « tout peu être recyclé ». Pour preuve, le jeune ingénieur nous présente un projet de recyclage des huiles de friture usées, pour la fabrication des savons de ménages. Aujourd’hui, il est sur le point de s’engager dans un processus de recyclages des peaux d’orange, de citrons… pour en faire des huiles essentielles.
Cette machine, l’hydrodistillateur, mise en place avec le soutien financier d’un investisseur marocain (1500 euro, soit près d’un million de FCFA), « devrait me permettre aujourd’hui de voir comment valoriser les huiles essentielles extraites des plantes, surtout que nous avons déjà fait plusieurs test positifs durant ces huit derniers mois », souligne l’administrateur délégué. Quelques flacons pour ces essais sont d’ailleurs exposés sur son bureau, pour témoigner de l’efficacité de la machine.
Ingénieur de formation en réseau de l’université de Toulouse, Martial Bella, s’est engagé, dans la formation des jeunes chercheurs d’emploi, retraités, et agriculteurs. Il organise donc la plupart du temps des formations sur les techniques de recyclages, notamment de plastiques. Titulaire d’une certification internationale en entreprenariat, il aide également des entrepreneurs à peaufiner leur projet. Tout cela sans s’éloigner de la chimie, car il est consultant de plusieurs entreprises spécialisées dans la fabrication de détergents.


Christelle Kouétcha du qoutidien de l'économie